Collectif citoyen du 29 mai Sèvres, Ville d’Avray, Chaville

Notre NON de gauche n’a rien à voir avec Le Pen, de Villiers, Mégret et Compagnie : La preuve par trois.

mardi 24 mai 2005 par Collectif citoyen pour un NON de gauche , Frédéric Constant

Le social, le rapport aux étrangers, l’intégration européenne, tout nous sépare des positions de l’extrème droite et de la droite.


-  1°) Le social.

Le Pen et Cie se moquent des conquêtes sociales des salariés, retraités et gens modestes, et de leur démolition organisée par les libéraux. Ils ne contestent pas le principe de la guerre économique entre entreprises ; pourtant elle se traduit par des licenciements massifs, pour que les actionnaires et les banquiers continuent de s’enrichir, et par la casse des droits des salariés. Ce qu’ils contestent, c’est que les décisions soient prises à Bruxelles et pas à Paris. Ils ne combattent jamais les mesures anti-sociales prises en France (Gouvernements, directions d’entreprises françaises...). Leur « patriotisme » cache un nationalisme bourgeois et fascisant.

Nous voulons que les conquêtes sociales soient développées et étendues à toute l’Europe, bref ! une Europe de progrès social, avec harmonisation des droits sociaux par le haut pour les gens modestes, garantie par l’U.E. et les Etats-membres.

-  2°) Le rapport aux étrangers.

L’extrême-droite excite la vieille peur de l’étranger et le racisme. Elle veut protéger l’ « identité judéo-chrétienne » de l’Europe et de la France, lutter contre l’ « islamisation larvée du continent ». En clair, le moins possible d’ « arabo-musulmans », de Noirs, de basanés ; une France ethniquement pure, c’est-à-dire blanche...

Pour nous, le problème ce ne sont pas les étrangers eux-mêmes, c’est le système de guerre économique : des entreprises licencient massivement pour enrichir au maximum les gros actionnaires. Ce sont souvent ces mêmes entreprises qui exploitent le Tiers-Monde, ses matières premières et ses hommes, lesquels rêvent de l’Europe. Quand ils y arrivent, c’est souvent le chômage et le désespoir qui les poussent vers des sales trafics qu’il faut effectivement réprimer. Mais il faut surtout frapper durement les chefs de ces juteux trafics, tout comme les filières patronales organisant le trafic de main-d’œuvre clandestine, donc soumise, exploitable sans limite, sans aucun droit dans l’entreprise ni ailleurs...Il faut combattre ces grands trafiquants. Nous voulons une Europe anti-raciste, laïque et anti-trafics.

-  3°) L’intégration européenne.

Le Pen parle de la disparition de la France dans un ensemble bureaucratique ou elle n’aurait pas son mot à dire, il veut que la France retrouve sa souveraineté pour le principe . De Villiers et lui exigent que la référence à l’identité judéo-chrétienne figure parmi les principales références de la construction européenne pour qu’ils envisagent de l’accepter. Pas nous. Ces xénophobes refusent le principe d’intégration européenne qui implique échanges, partenaires, concessions. Il souhaitent un repliement chauvin sur les traditions françaises les plus conservatrices (« travail-famille-patrie »...). Or la France a aussi de grandes traditions de lutte contre certaines dominations et pour certaines valeurs, qu’elle doit cultiver ; mais elle doit aussi échanger avec d’autres. C’est en étant « poreux à tous les souffles du monde » qu’on reste soi-même et s’enrichit... Nous ne sommes pas contre l’Europe, mais contre la supranationalité au profit exclusif des marchés, des actionnaires et banquiers, pour une intégration dans l’intérêt des peuples, des travailleurs gagnant mal leur vie, des chômeurs, des mal-logés, des sans-toit, etc.

TOUTES CES DIFFERENCES VOUS APPARAITRONT ENCORE PLUS CLAIREMENT APRES LE 29 MAI 2005.

Si le NON gagne , il n’y aura pas de catastrophe : le Traité de Nice continuera de s’appliquer, tout simplement. Mais il faudra débat et invention politique. Ici, nous contribuerons encore à faire avancer l’idée d’une Europe vraiment sociale et démocratique, dans laquelle les immigrés ont largement contribué à la richesse française. Les nationalistes et néo-fascistes continueront hurler « NON à l’Europe ! les métèques dehors ! ». Ils s’attaqueront politiquement à des militants comme nous !

Si le OUI l’emporte  : il est probable que certains à l’extrême-droite certains recourent à la violence physique (l’extrême-droite est organisée au niveau européen y compris avec des camps d’entraînement paramilitaire : ces solidarités peuvent émerger). Dans ce cas ils pourraient s’attaquer physiquement à des immigrés « non Blancs » ou à des partisans de l’intégration européenne. Et peut-être à des militants comme nous, qui voulons une Europe vraiment sociale et démocratique. Nous vous appelons à voter NON, mais avec des buts complètement opposés à ceux des nationalistes et néo-fascistes. Ne vous sentez pas complice de Le Pen quand certains disent que voter non c’est le suivre.

Si vous êtes vraiment de gauche, vous ne pouvez pas voter oui ni vous abstenir. VOTEZ NON !


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